jeudi 14 février 2013

[Atelier 2012-2013] Séance 1: La production du changement dans la Justice équatorienne, Miguel Herrera, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


Mercredi 27 février 2013, 17h-19h
Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne
14, rue Cujas 75005 Paris
Salle de CRPS (Escalier N - 3ème étage-H604)

Intervenant : Miguel Herrera, Doctorant, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 

Intitulé : La production du changement dans la justice : Dé-légitimation des magistrats et promotion des pratiques managériales dans l’administration judiciaire en Equateur 2007-2012

Discutant : Clément Paule, Doctorant, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
           
Présentation : Dans le cadre de sa série d’étude « Penser l’Etat à partir de ses institutions », le GELS a le plaisir de recevoir Miguel Herrera, doctorant en science politique à l’Université Paris 1,  qui présentera les dernières avancées de sa recherche consacrée à la production du changement dans la justice équatorienne. Il sera discuté par Clément Paule, doctorant également de l’Université Paris 1.

L’arrivée au pouvoir de Rafael Correa et de son parti Patria Altiva i Soberana (PAIS) en janvier 2007 constitue un moment important dans la restructuration du champ politique équatorien. Mis en avant comme le gouvernement de la « Révolution Citoyenne », la présidence de Rafael Correa prétend marquer le début d’une nouvelle époque après les années de néolibéralisme caractérisées par la détérioration de l’économie et la paupérisation de la société. Ces « temps nouveaux » seraient le produit des politiques de réforme de l’Etat promues par le gouvernement, mais aussi de la sortie des anciennes élites politiques, dites la « partitocratie », et des institutions étatiques où elles s’étaient installées. Ainsi, l’administration judiciaire est l’un des terrains de lutte où les anciens s’affrontent aux nouveaux, chacun prétendant faire valoir ses ressources de légitimité pour affirmer son autorité.

Critiqué pour ses liens avec la « partitocratie », le corps judiciaire se voit menacé par ces dirigeants politiques qui considèrent la justice comme un obstacle pour la constitution d’un Etat démocratique et populaire. La publicisation de scandales impliquant les magistrats viendraient confirmer cette image d’une justice corrompue qui laisse les délinquants (y compris ceux en col blanc) dans l’impunité. L’arrivée de nouveaux gestionnaires pour administrer la justice est donc la réponse à la « crise judiciaire » que traverse le pays. Mis en avant pour leurs compétences techniques ces gestionnaires doivent mettre en place une restructuration des institutions judiciaires pour les rendre plus efficaces et transparentes. La réforme se présente donc comme essentiellement technique et administrative mais elle revêt une dimension politique très importante. En effet, il s’agit d’éliminer la présence de la « partitocratie » et produire les signes d’un véritable changement (modernisation, démocratisation) dans la justice. Ces acteurs participent à des opérations de redéfinition de la réalité dont l’enjeu serait la confirmation prophétique des ruptures annoncées et l’avènement des « temps nouveaux ».  

mardi 11 décembre 2012

[Conférence 2012-2013] Séance 1: La résolution de conflit et le processus de négociation de paix en Colombie, Pr. Chernick, Georgetown University.


Vendredi 14 décembre 2012 de 15h30 à 17h30
Salle du CRPS (Escalier N – 3ème étage) H 604
Sorbonne
14 rue Cujas 75005 Paris

Intervenant : Pr. Marc Chernick, Professeur et directeur du Master d’Etudes latino-américaines et du Center for Latin American Studies of the School of Foreign Service, Georgetown University, Etats-Unis

Intitulé : “Conflict resolution theory and the colombia peace process:  Ending a Protracted Armed Conflict through Negotiations”

Introduction : Déborah Alimi, Doctorante, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Présentation: Le conflit armé colombien représente depuis le milieu des années 1940 l’une des plus longues insurrections en Amérique latine. Le Président Juan Manuel Santos et la tête des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC)- principal mouvement de guérilla du pays, ont récemment annoncé la tenue de discussions secrètes facilitées par les gouvernements de Norvège et de Cuba. Les deux parties ont convenu d’un programme de négociations axé sur les cinq principaux enjeux du conflit : la terre, le trafic de drogues, les victimes, la participation politique, et le cessez-le-feu. Des pourparlers se sont formellement ouverts à Oslo le 15 octobre dernier, et ont été officiellement entamés à la Havane en novembre. 

 A l’occasion de la visite en France du Professeur Chernick (Georgetown University), le Groupe d’Etudes Latino-américaines de la Sorbonne a le plaisir de l’accueillir pour une conférence sur l’évolution du conflit colombien et le processus de négociation en cours. Sa présentation s’appuiera sur une analyse comparative des autres processus de paix en Amérique latine, en Asie et en Afrique mais également sur les théories de résolution de conflit. 

 Dr. Marc Chernick est professeur de science politique et directeur du master de Latin American Studies ainsi que du Center for Latin American Studies of the School of Foreign Service de Georgetown University à Washington D.C. Il est également directeur du programme Georgetown de résolution de conflit et droits de l’homme à l’Universidad de Los Andes à Bogotá, Colombie. Spécialiste des questions de violence, d’insurrection et des processus de paix en Colombie et en Amérique Latine, il a récemment publié un ouvrage sur ce thème, Acuerdo posible: Solucion negociada al conflicto armado colombiano (Bogota, 3rd edition 2012),  ainsi que de nombreuses contributions telles "The FARC at the Negotiating Table" et "The FARC: From Liberal Guerrillas to Marxist Guerrillas to Post-Cold War Insurgents." Dr. Chernick a été consultant notamment auprès de la Banque Mondiale et du PNUD sur les questions des droits de l’homme, de la démocratie, des systèmes d’early warning et de résolution de conflit en Amérique latine et en Afrique. Pr. Chernick a un doctorat de science politique de Columbia University.

 *L’intervention sera en anglais. La discussion pourra se faire en anglais et/ou en espagnol.

samedi 1 décembre 2012

Atelier 2012-2013: "L'Etat en Amérique Latine: transformations, recompositions et redéploiements"

Idéalisé comme l’apparente incarnation d’un nouveau modèle de gouvernance « post-néolibéral » (Grugel & Riggirozzi, 2012), ou décrié pour sa dépendance à une économie extractive (Hogenboom, 2009) et aux intérêts d’une nouvelle élite politique jugée peu regardante des « impératifs  démocratiques » (souvent dénoncée par ses pratiques « populistes »), l’Etat en Amérique Latine suscite beaucoup de débat parmi ceux soucieux d’interpréter ses transformations actuelles. Tant dans les milieux académiques que dans les champs politiques et médiatiques, les avis s’opposent quant à la performance des institutions étatiques et le niveau de « consolidation démocratique » dans la région. En effet, au cours de cette dernière décennie la plupart des pays d’Amérique Latine ont traversé une période marquée (à différents degrés) par une restructuration des champs politiques locaux avec l’arrivée des partis de gauche au pouvoir, et une reformulation de la structure institutionnelle étatique. Les cas du Venezuela, de la Bolivie et de l’Equateur semblent les plus exemplaires à cet égard à la suite de processus de réforme constitutionnelle.

L’objet de l’Etat en Amérique latine a été notamment investi par la recherche américaine, tandis que la recherche latino-américaine commence à se démarquer et que la recherche française demeure encore assez timide avec quelques exceptions (Dezalay & Garth, 2002 ; Dabène, 2012). Les travaux académiques américains ont largement contribué  à diffuser deux approches qui ont traditionnellement dominé cet objet d’étude. D’une part, l’Etat est analysé au prisme de sa transition et de sa consolidation démocratique (Linz & Stepan 1978 ; O’Donnell & Schmitter 1986 ; Huntington, 1991 ; Przeworski, 2005). Dans le prolongement de cette approche, il est question principalement d’examiner, comparer voire mesurer la qualité démocratique (PNUD, 2005) à partir d’indicateurs présentés comme « objectifs » à savoir  la participation citoyenne (débat entre démocratie participative et populisme), les libertés publiques (les médias) et la reconnaissance des droits (droits de l’environnement, droits des populations ancestrales), la concentration des pouvoirs (nouveaux mécanismes d’équilibre institutionnel vs. présidentialisme). D’autre part, l’Etat est appréhendé par le prisme de son économie politique (« Political economy analysis ») : il s’agit ici d’étudier les interactions entre les processus économiques et politiques dans un contexte social déterminé, la distribution des pouvoirs et des richesses entre les différents acteurs impliqués ainsi que les processus permettant la création, le maintien et/ou la transformation de ces relations. Dans cette perspective, une place importante est accordée aux « intérêts » (« incentives ») des acteurs en lice et aux mécanismes déterminant leurs choix d’action (« rational-choice » ; « game theory »). De plus, les politiques économiques seront évaluées par leur « performance ».

Toutefois, la recherche sur l’Etat en Amérique latine tend vers une routinisation, d’une part,  méthodologique (prédominance de méthodes quantitatives au détriment d’analyses qualitatives appuyées sur l’observation ethnographique, travail sur archives documentaires et sur entretien) et d’autre part conceptuelle avec une application systématique de schèmes d’explication ou de catégories d’analyse (« modernization», « democratic consolidation », « regime breakdown »). Par ailleurs, l’introduction de nouveaux schèmes conceptuels ne s’accompagne pas forcément d’une discussion théorique créant seulement des labels pour caractériser un Etat à un moment donné de sa quête de développement. On pense ici, par exemple, aux travaux sur l’émergence d’un « Etat post-néolibéral » en Amérique latine - (Kennemore & Weeks, 2011).  Ceci traduit une certaine forme de tâtonnement théorique parmi les chercheurs mais également parmi certains experts de think-tank américains ou d’organismes internationaux qui tentent d’appréhender ces nouvelles réalités non sans considérations normatives.

L'atelier du GELS* de cette année aura donc pour thème « l’Etat en Amérique latine, entre transformations, recompositions et redéploiements ». Faisant échos aux débats contemporains et dans un souci d’enrichissement de la réflexion française sur ce thème, l’atelier aura pour objectif de confronter les différents modes d’analyses de l’Etat aux réalités latino-américaines mais également de pousser la réflexion en mobilisant en particulier des catégories et des méthodologies d’analyses propres à la sociologie politique française. Il sera question d’appréhender ce thème sous trois axes principaux :
  1. Penser l’Etat à partir de ses institutions ;
  2. Les rapports des citoyens à l’Etat et aux acteurs qui l’incarnent (avec un intérêt sur la politisation et la réappropriation du politique) ;
  3. L’exportation et l’importation de pratiques d’Etats de et vers l’international
!!! Pour accéder aux références indicatives, merci de visiter la page d'accueil ou de cliquer içi

samedi 1 septembre 2012

Atelier GELS 2011-2012 : « Les modalités d'approche du politique en Amérique latine »


          L'Amérique latine a fait l'objet d'une grande attention scientifique et médiatique ces dernières années en France et en Europe. Considérée sous le prisme des dictatures et des guérillas dans les années 1960, 1970 et 1980, puis comme un continent ravagé par le néolibéralisme dans les années 1990, aujourd'hui certains y célèbrent l'adoption de la « démocratie de marché » et l'ouverture d'une ère de progrès, symbolisée par la prospérité économique du Brésil. D'autres se réjouissent du tournant à gauche du continent et placent l'espoir de la possibilité d'un autre monde dans des gouvernements comme celui d'Hugo Chavez au Venezuela ou d'Evo Morales en Bolivie. Quand ce ne sont pas les gouvernements politiques qui sont porteurs de ces espérances, elles sont placées dans les mouvements sociaux qui agitent le continent et dans les pratiques dont ils sont porteurs (les récupérations d'usines en Argentine ou la défense de la « terre-mère » par les mouvements indiens en sont les principaux symboles).
Ces différents regards et ces appréciations variées sur le continent témoignent à chaque fois de son extrême « policité » dans l'imaginaire européen.  Ces représentations politiques du continent sont produites par différents acteurs sociaux et politiques : hommes politiques, intellectuels, journalistes, artistes ou encore exilés politiques issus du continent.  Les sciences sociales ne sont pas en reste et produisent elles aussi des savoirs sur l'Amérique latine. Il existe aujourd'hui une pléthorique littérature scientifique sur l'Amérique latine, émanant à la fois de chercheurs européens, nord-américains et latino-américains.
C’est cette littérature que nous nous proposons d'interroger dans cet atelier, à partir des travaux des doctorants qui ont pour terrain ce continent. Il s'agira donc de faire un état des lieux de la recherche en sciences sociales, d'en faire le bilan et de se positionner par rapport à ces multiples approches. C'est à partir de travaux de recherche empiriques que nous nous proposerons d'interroger les savoirs produits en sciences sociales sur l'Amérique latine.
L'atelier de cette année aura donc pour objectif l'étude des « Modalités d’approches du politique en Amérique Latine ». Les questions suivantes pourront par exemple être posées lors des différentes séances: Comment les sciences sociales appréhendent-elles le continent ? Quelle littérature spécifique et scientifique peut être utilement convoquée ? Comment la mobiliser et la faire fonctionner sur le terrain ? Comment dépasser certaines oppositions disciplinaires ou de courants scientifiques ? Qu’est que le politique en Amérique Latine, comment le définir et comment s’en saisir?
L'atelier est ouvert à tous. Il aura lieu les mardis toutes les trois semaines, de 16h à 18h en salle du CRPS (H 604, Escalier N, 3ème étage, 14 rue Cujas 75005, Paris). Chaque présentation devra comporter un bilan bibliographique approfondi avant de développer un ou plusieurs points plus précis. Un discutant interviendra ensuite avant de laisser la parole à la salle.


Programme 2011-2012

Lundi 17 octobre 2011: Frédéric Massé - Docteur en sciences politiques, Codirecteur du Centre de Recherches et Projets Spéciaux (CIPE) de l’Université Externado de Colombie et Coordinateur du Département de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) du Centre International de Toledo pour la Paix (CITpax), « Les bandes criminelles émergentes (Bacrim) en Colombie » (discutant: Julian Fernández)

 Mardi 22 novembre 2011: Julian Fernández- doctorant Paris 1, « Les controverses autour des conventions internationales sur les stupéfiants : les mobilisations en Bolivie et en Colombie autour des usages de la feuille de coca » (discutant: Clément Paule)

Mardi 13 décembre 2011 : Hélène Combes – Chargée de recherche CNRS au CERI-Sciences Po. « Construction d'objet et insertion disciplinaire dans la science politique française. Réflexions à partir de contraintes spécifiques d’une thèse sur le Mexique »  (modérateur: Michael Barbut).

 Jeudi 11 janvier 2012: Michael Barbut- doctorant Paris 1, « Les Mapuche à l’international : ethnographies de tournées européennes de deux militants mapuche » (discutant: William Herrera)

 Mardi 24 janvier 2012: Diego Azzi - doctorant Paris 1, « Rapports politiques entre mouvements sociaux et le marché financier au Brésil, dans un contexte de financialisation de l'économie » (discutant: Michael Barbut)

 Mercredi 1er février 2012: Xavier Altamirano - doctorant Paris 1, « Adaptations subies par le monde politique pour mieux faire face aux changements du monde médiatique » (discutant: Clémentine Berjaud)

Mardi 21 février 2012: Clémentine Berjaud - doctorante Paris 1, « L’exposition aux discours présidentiels : enjeux, contexte et variables clefs. Le cas d’Hugo Chavez au Venezuela » (discutant: Xavier Altamirano)

Mardi  20 mars 2012: Doris Bou-Sao – doctorante à Sciences Po Paris, « Les dispositifs participatifs comme modalité de gestion de la conflictualité liée à l'extraction d'hydrocarbures », (discutant: Michael Barbut)

Mardi 27 mars 2012 : Maya Collambon – doctorante à l’IEP d’Aix-en-Provence, « Mobilisations indiennes au Chiapas et au Nicaragua et leur articulation avec l'espace altermondialiste "mesoamerica" (discutant: Quentin Delpech, docteur en Science Politique de l’Université Paris I)

Mardi  10 mai 2012 : Manuel Alcántara - Professeur, Université de Salamanque, « Les élites parlementaires en Amérique latine : études quantitatives et enseignements méthodologiques » (discutant: Johanna Siméant, Professeur, Université Paris 1 (CESSP))


jeudi 16 juin 2011

Atelier Amérique latine - Séance 8 : autour de l'ouvrage d'Hélène Combes, le cas du Parti de la Révolution Démocratique au Mexique

Mercredi 22 juin 2011 de 17h30 à 19h
Salle du CRPS (Escalier N – 3ème étage) H 604

Sorbonne
14 rue Cujas 75005 Paris


Intervenante : Hélène Combes est chargée de recherche au CNRS (Sciences-Po CERI). Auparavant rattachée au Centre européen de sociologie et de science politique de la Sorbonne (CESPP-équipe CRPS), à l Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle a publié dans de nombreux ouvrages collectifs et dans diverses revues françaises ou étrangères. Elle a enseigné dans plusieurs pays latino-américains et à Sciences-Po Paris. Elle coordonne le Groupe d’étude sur les organisations et les partis politiques (GEOPP) de l’Association Française de Science Politique (AFSP). Elle est l’une des meilleures représentantes du renouveau français des études latino-américaines et de la sociologie politique des partis.

Intitulé : De la politique contestataire à la fabrique partisane. « Faire parti. Trajectoires de gauche au Mexique »

Modératrice : Tania ENRIQUEZ, doctorante Université Paris 1 (CESSP-CRPS)

Présentation : Comment construit-on un parti politique ? D'où viennent les militants et les cadres qui participent à sa fondation ? En quoi leur héritage, leur militantisme passé influent-ils sur sa forme, sur ses débats internes, sur son organisation? Quels sont les mécanismes concrets qui permettent l'implantation d'une nouvelle machine partisane sur un territoire national ?

A travers le cas du Parti de la révolution démocratique (PRD), parti de centre gauche fondé en 1989 et qui gouverne Mexico – l'une des plus grandes villes du monde – depuis 1997, cet ouvrage éclaire les mécanismes de la fabrique partisane.

Il met l'accent sur la relation entre parti et mouvements sociaux, question particulièrement débattue en Amérique latine, en s'intéressant à des dirigeants qui, souvent passés par la guérilla, le militantisme paysan ou la lutte pour les mal-logés, choisissent au tournant des années 1980 de s'investir dans le PRD.

Et ce, au moment où le Mexique connaît une importante ouverture politique. Cet épisode fondateur est analysé à l'aune des vagues de mouvements sociaux qui se sont succédé depuis les années 1960.

Récits de réunions militantes dans les quartiers populaires de Mexico, entretiens avec les figures de proue du parti, analyse fouillée des activités de ses instances dirigeantes : l'auteure dévoile les rouages quotidiens du PRD et permet ainsi de découvrir la richesse de la contestation au Mexique, au-delà du cas emblématique des zapatistes. Simultanément, elle délivre une belle leçon de sociologie politique des partis qui contribue à renouveler ce genre dans lequel la recherche française a longtemps excellé.

mardi 3 mai 2011

Atelier Amérique latine - Séance 7: "La place de l'Amérique latine dans le système international (2)


Mercredi 11 mai 2011 de 17h à 19h
Salle du CRPS (Escalier N – 3ème étage) H 604
Sorbonne
14 rue Cujas 75005 Paris

Intervenant : M. Sebastião C. Velasco e Cruz, Professeur de science politique et de relations internationales à l’Université d’Etat de Campinas (Unicamp), Brésil.

Intitulé : « Les transformations de la politique extérieure du Brésil depuis le tournant du siècle ».

Introduction : Michel Dobry, Professeur de Science Politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Présentation : Durant la dernière décennie, le Brésil émerge sur la scène internationale comme un acteur visant à jouer un rôle de plus en plus important dans les jeux politiques internationaux. Cette stratégie d’insertion internationale du Brésil se traduit par l’investissement et l’entretien des rapports Sud-Sud avec notamment le renforcement politique régional de l’Amérique du Sud, sans pour autant négliger les relations avec l’acteur hégémonique américain et l’Union européenne.

À l’occasion de la visite en France du Professeur Sebastião C. Velasco e Cruz, le Groupe d’Etudes Latino-américaines de la Sorbonne (GELS) a le plaisir de l’accueillir pour une conférence sur la politique extérieure du Brésil afin d’élargir le débat sur la place de cet acteur étatique et de l’Amérique latine dans le système international.  

Bibliographie sélective
Auteur de nombreux ouvrages et articles sur l’autoritarisme au Brésil et la transition politique des années 1970-1980, le Professeur Velasco e Cruz est également spécialiste de relations internationales, en particulier, du processus de mondialisation, des normes internationales et de la politique étrangère du Brésil :

O Lugar do Brasil no Mundo. Ensaios de análise histórica e prospectiva (The Place of Brazil in the World. Essays in historical and prospective analysis), UNESP PRESS, 2010.

Trajetórias. Capitalismo Neoliberal e Reformas Econômicas nos Países da Periferia  (Trajectories. Neoliberal Capitalism and Economic Reform in Peripheral Countries),UNESP PRESS, 2007.

- “Futurs alternatifs: Les élections présidentielles et la politique extérieure du Brésil”.  (Alternative Futures : presidential ellections and Brazil’s foreign policy). In: DABENE, Olivier (ed.), L’Amérique Latine aux urnes, Paris, Presses de la Fondation des Sciences Politiques, 2007

Globalização, Democracia e Ordem Internacional. Ensaios de Teoria e História  (Globalization, Democracy and International Order. Essais in Theory and History, UNICAMP Press//UNESP Press, 2004.

- “Entre Normas e Fatos: Desafios e Dilemas da Ordem Internacional”. (Between Norms and Facts: Challenges and Dilemmas of the International Order), Lua Nova, No. 58, 2003, pp.  169-192.

- “Um Outro Olhar. Sobre a abordagem Gramsciana das Organizações Internacionais.” (Another Regard. On the Gramscian Approach to International Organizations), Revista Brasileira de Ciências Sociais , 42, fev. 2000), pp. 39-53.

Estado e Economia em Tempos de Crise. Política Industrial e Transição Política no Brasil nos Anos 80 (State and Economy in Times of Crisis. Industrial Policy and Plitical Transition in the 80’sBrazil), Relume Dumará, 1997.

 -  Empresariado e Estado na Transição. 1974-1977: Um Estudo sobre o Autoritarismo Brasileiro  (Business and State in the Transition. 1974-1977: A Study on Brazilian Authoritarianism),UNICAMP Press, 1995, (Jabuti Prize, Sao Paulo’s Biennial of Book).

vendredi 18 mars 2011

Atelier Amérique latine - Séance 6: "La place de l'Amérique latine dans le système international"


4 avril 2011 à 17h00
Salle du CRPS (Escalier N – 3ème étage) H 604
Sorbonne
14 rue Cujas 75005 Paris


Intervenant : M. Georges Couffignal, Directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL), Université Paris III - Sorbonne Nouvelle.

Modérateur : Xavier Altamirano, doctorant Université Paris 1 (CESSP-CRPS)

Présentation : À l’occasion de la publication à La Documentation Française de l’édition 2011 de l’ouvrage consacré à l’Amérique Latine, nous recevrons le Directeur de l’Ecole des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL), M. Georges Couffignal. En revenant sur les principaux événements politiques et économiques récemment survenus en Amérique Latine, ce livre collectif contribue tous les ans à l’enrichissement de l’analyse des configurations politiques de ce sous-continent.


Dans le cadre de son intervention, M. Couffignal nous parlera de la place de l’Amérique latine dans le système international. En effet, nous avons observé pendant la dernière décennie l’émergence sur la scène internationale de certains acteurs étatiques latino-américains, dont notamment le Brésil, qui visent à jouer un rôle plus important dans les jeux politiques internationaux en établissant d’alliances avec d’autres puissances émergentes. Par ailleurs, les Etats latino-américains et particulièrement sud-américains se sont engagés dans des processus d’intégration régionale dont l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) mais aussi dans la conformation d’autres espaces multilatéraux « alternatifs » comme l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA). Ces initiatives de politique internationale nous invitent à une réflexion en termes de leur impact sur la structure du système international et les rapports avec l’acteur hégémonique américain et l’Union Européenne.

Ce sera également l’occasion de débattre des tendances récentes appréciées dans les processus de démocratisation Latino-américains. Après une décennie « marquée par l’émergence de nouvelles élites politiques beaucoup plus diversifiées que par le passé »[1], comme Lula, Chavez, Bachelet, Correa, Lugo, Morales, ou Vicente Fox au Mexique, on peut s’interroger sur les perspectives qu’offre cette deuxième décennie.

C’est à cette réflexion que nous vous invitons avec la participation de Georges Couffignal, professeur en science politique et spécialiste de l’histoire et des institutions politiques des pays Latino-américains.


[1] COUFFIGNAL et LOUAULT, « Amérique latine 2010 : une et de plus en plus plurielle » in COUFFIGNAL, Georges, Amérique latine. Une Amérique latine toujours plus diverse, Paris, La Documentation française, 2010, p.15.